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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 23:15

 

couv (3)

Cycle Jean Gillibert  

Maison des Métallos /  Théâtre du Nord-Ouest

Information

 

En juin 2005, La Compagnie Théâtre en Perce organisait, à la Maison des Métallos, une journée PrésenceS de Jean Gillibert proposée et orchestrée par Michèle Venard, metteur en scène et auteur du livre Présence de Jean Gillibert.

Co-réalisée par Radio-France et captée par elle, ouvrant huit heures d’émissions diffusées sur France-Culture, cette manifestation comptait, entre autre, une conférence et des lectures de Jean Gillibert sur Artaud et Rimbaud et trois pièces de Jean Gillibert mises en scène par Michèle Venard (composition musicale Alain Lithaud, lumières Philippe Lacombe)  "quelques pages arrachées" à La Folie Pont aux Dames, Avec des Chiens et Rude Journée pour le sexe. La distribution réunissait aussi bien des acteurs déjà investis dans l'œuvre et le parcours de Jean Gillibert comme Bruno Sermonne, André Cazalas, Josette Boulva, Christian Fischer, Laure Guizerix, Stéphane Valensi que des acteurs non initiés, mais prêts. (Gisèle Renard, Françoise Arthaud, Serge Djen, Julie Recoing…).

 

À l’occasion de la sortie à L’Harmattan du premier tome de l’œuvre théâtrale de Jean Gillibert (vingt-neuf pièces de théâtre dont quatre Trilogies, et sept «pièces poétiques»), Jean Gillibert sera de nouveau à la Maison des Métallos et conduira lui-même notamment les lectures de son Théâtre du temps (Celle qui écrit aux morts avec Laure Guizerix, et Les Barres parallèles, adaptation d’un No japonais, pour Christian Fischer et Michèle Venard)

 

Et aussi, à partir d’octobre, lors du cycle Strindberg au Théâtre du Nord-Ouest, Jean Gillibert viendra parler de son approche de l’auteur norvégien dont il a monté La Sonate de Spectres (1967 avec Tania Balachova) et La Danse de Mort.

Cette conférence mettra en résonnance une part des univers de Strinberg et de Gillibert avec les lectures conduites par Michèle Venard : Celle des Croisés ou La Compétition des vieillards (théâtre de mort et de renaissance, ménage «croisé» de deux couples, leur enfant sacrifié, la culpabilité («D’où me vient cette épouvante? ») et la dernière séquence des Imprésario de l’Apocalypse» «Le théâtre ne gère pas un patrimoine- ce n’est pas un art bourgeois de récupération- il révèle en même temps l’homme et ce qui n’est pas l’homme, le monde et ce qui n’est pas encore le monde. JG».

Et Michèle Venard lira La Mort en Douce de Jean Gillibert.

 

Par ailleurs, elle annonce la saison artistique 2009-2010 de l’Atelier Permanent de Lecture et d’écoute de en Perce, avec les lectures, au Studio du théâtre Pandora d’Alberto Moravia, James Joyce, Ivo Andric, Joseph Kessel, Paul Morand, Kawabata Yasunari, et Vassili Grossman.

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 23:07

      J.G.Portrait

Jean Gillibert en lecture - Cycle Strindberd - Nord-Ouest

Jean Gillibert, homme de théâtre complet, acteur, auteur, adaptateur, traducteur, metteur en scène avec plus de cent gestes théâtraux, homme d’action et de rencontres, viendra au Théâtre du Nord-Ouest

Dans le cadre du cycle Strindberg, Jean Gillibert nous parlera de son expérience théâtrale avec l’auteur suédois dont il a monté La Sonate des Spectres avec Tania Balachova et La Danse de Mort avec Josette Boulva, ainsi que de la «réalité des spectres au théâtre, des Grecs à Strindberg en passant par Shakespeare »

«Le théâtre lutte toujours avec la mort, ne serait-ce qu’en l’imaginant, sinon il n’est pas théâtre… les spectres du théâtre en Occident, sont des morts qui n’ont pas encore été acceptés parmi les morts. Ces sont des «errants considérables» comme le dirait Rimbaud» (in Entretiens de JG avec Marc Sephiha (Phebus 2004)

Cette intervention sera suivie par la mise en lecture de l’une de ses récentes pièces qu’il a lui-même choisie comme faisant résonance à une part de l’univers de Strindberg :

 

Les Croisés ou La Compétition des Vieillards

«Je me suis toujours permis de mettre le passé dans son véritable temps qui est le prophétique, que la prédication soit tragique ou comique. «Croisés» nous sommes, entre figures du passé et figures du devenir, la mort étant bien le mystère de ce qui se passe. Croisement des sexes, croisement de l’amour et de la haine… où pensées et êtres ne peuvent à leur tour que se croiser et non se ressembler et se dire «mêmes». Il y a eu des croisés massacreurs au temps des Croisades, il y a eu des croisés mineurs, vilipendés et non reconnus, «les croix de feu» du Colonel de la Rocque avant la guerre de 40. «Croisés» contre le nazisme et le régime de Pétain, on aime bien les oublier. Ils souhaitaient c’est vrai, une civilisation chrétienne. Celle-ci a achoppé. Peut-être parce qu’il n’était plus admissible qu’avec le Christ, c’est de son sang qu’on se saoule».JG

 

avec: Catherine Chauvière, Christian Fischer, Laure Guizerix, Edith Garraud, Richard Leduc, Antoinette Surun, Michèle Venard.

 

 

La Mort en Douce,  lu par Michèle Venard

«Dans ma Trilogie Les Fulgures je préfère La Mort en Douce, tu sais, l’histoire du gars qui parle à son cercueil. « Au jeu », je suis persuadé que si quelqu’un la monte un jour, ce sera très parlant. Je crois avoir compris, à travers mes expériences, ce qu’est le retentissement théâtral» (in Entretiens de Jean Gillibert  avec Marc Sephiha (Phebus 2004)

 

Lectures orchestrées par Michèle Venard, metteur en scène, comédienne, auteur notamment de Présence de Jean Gillibert, publié à l’Harmattan.

 

 

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 22:06

Le Roi de Patagonie ou Antoine cousu d'enfant écriture et

Le Roi de Patagonie ou Antoine Cousu d’enfant

de Michèle Venard et Jean-Michel Guillery

Mise en scène Michèle Venard – création Théâtre de la Gare Paris

Avec : Christian Fischer-Naudin, Roch Lebovici, Dominique Péju, Michel Poujade, Freddy Rojas, Jean-Claude Tiercelet - Éclairages : Stéphane Cami - Création musicale : Marcel Weiss

 

….« Tout à fait intelligemment (il devient même rare qu’une dramaturgie théâtrale soit aussi intelligente) Michèle Venard et Jean-Michel Guillery ont dépouillé l’histoire d’Antoine de Tounens de tout oripeau psychologisant. Si bien que le Roi de Patagonie qui pourrait n’être qu’une illustration de plus de la folie devient par le même coup une formidable fable sur le pouvoir. Et la mise en scène de Michèle Venard, avec constance, soutient ce renversement de bout en, bout.

 

Théâtral, Antoine de Tounens l’est par ce qu’a sa folie de grandiloquente et d’irréelle; enfantin, par ce qu’elle a de puéril et de naïf. Tour à tour inspiré et arrogant, démuni et déchiré, ce faux et vrai Roi a l’hystérie shakespearienne. Il est un fou dont la puérile grandeur est de croire que le pouvoir est une moindre folie. Habité, il parle de sa terre comme d’un Royaume; un royaume dont il n’est pas bien sûr qu’il soit de ce monde.

 

 C’est sa puérilité de se rêver christique, puérilité que Michèle Venard a inscrite dans la pièce sous les traits d’un double-enfant d’Antoine de Tounens, enfant au luciférien pouvoir de le soutenir dans sa démiurgie. Tout au long de son histoire il sera là. Il est l’enfance en lui de de Tounens. L’enfance du monde aussi, sur lequel il prémédite de régner; sans doute encore (mais ce serait une clé explicative superflue), l’origine; l’archangélique pouvoir au monde d’avant la Faute. De Tounens paraît rêver d’un pouvoir antérieur au péché, comme si ce n’était pas, dans les termes mêmes du christianisme, un contre sens.

 

La mise en scène de Michèle Venard , quelques réserves qu’on soit autorisé de lui faire sur des points de détail, a cette cohérence, cette homogénéité sans faille que nécessite la très serrée dramaturgie. Images produites (belles très souvent) comme acteurs dirigés (Christian Fischer-Naudin, Roch Leibovici, Dominique Péju) répondent d’elles deux, poursuivant avec simultanéité, emphase, et discrétion, hystérie et austérité (le laissant nu pour finir), le mystère de ce qu’a la folie d’Antoine de Tounens de formidablement éclairante; en même temps que d’irréparablement impénétrable.

 

Michèle Venard fait adopter à son Antoine de Tounens, bicéphale, des attitudes «symptomatiques» comme on en voit aux saintes berniniennes, à ses anges aussi, ou aux hystériques de Charcot. C'est-à-dire qu’elle laisse sans réponse la question de l’hystérie et de l’inspiration historiques, du désordre mental et de l’illuminisme religieux. Et c’est toute la force de son spectacle puisque l’un comme l’autre laissent à leur tour sans réponse la question de la rationalité politique, et dans le cas présent, coloniale.

 

«à la grimace du monde, j’ai opposé ma propre grimace, et il est arrivé qu’elle soit plus belle», concède Antoine de Tounens. L’aveu n’est pas d’un délirant; au contraire, il n’est rien moins que Shakespearien. Les images de Michèle Venard sont à la fois retenues et grimaçantes; conformes en cela à ce que présupposait sa dramaturgie. Une dramaturgie exemplaire qui justifie une mise en scène ascétique. Laquelle fait droit à ce que cette folie, apparemment fantasque, a d’aride et de désespérée. Antoine de Tounens meurt en France, dans un asile, seul et déchu de son trône- déchu comme l’ange. «Car qui se trouve malheureux de n’être pas roi, sinon un roi dépossédé» Pascal.

 

Michel Surya

 

(Extrait final du long et bel article de Michel Surya créateur de la Revue Ligne et auteur d’un Bataille, après sa vision du spectacle)

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 21:27

 

De sade Juliette mise en scène MV photo de scène

DE SADE, JULIETTE  Critique de Michel Cournot

Culture  Le  Monde


Samedi 8 avril 1989


THEATRE


De Sade, Juliette de Jean Michel Guillery -Mise en scène de Michèle Venard - avec Christian Fischer-Naudin (Sade), Nadine Spinoza (Juliette)

 

"J'adore le roi, mais  Je déteste les anciens abus; J'aime une infinité
d'articles de la Constitution, d'autres me révoltent,.. Je ne veux
point d'Assemblée nationale, mais deux Chambres, comme en Angleterre... Que suis-je à présent ? Aristocrate ou démocrate? Vous me le direz, s'il vous plaît, car pour moi Je n'en sais rien"

C'est le marquis de Sade qui écrit à son avocat en décembre 1791.

Mais Jean-Michel Guillery situe
I'action de sa pièce, De Sade, Juliette, plus tard, en 1794, quand Sade sera détenu à la prison de
Picpus.
Libéré par les révolutionnaires de juillet 1789 (il était incarcéré depuis cinq ans et demi à la Bastille), Sade est devenu membre, Puis secrétaire, puis président, de la section des Piques (Paris a été divisé en quarante-huit sections, et Sade, qui habite rue des Mathurins, appartient  à la section de la place Vendôme, rebaptisée des Piques).

Un lieu plus avenant et plus aéré

 

Sade, dans sa section, a pu faire  adopter par la Convention des mesures qui touchent tout Paris, par exemple la décision que, dans  les hôpitaux, il n'y aura désormais qu'un malade par lit. Mais, écrit son  biographe, Gilbert Lély,.

 

"il est hors de doute que Sade a dû mettre à profit son autorité de président pour intervenir , chaque fols qu'il le
pouvait, en faveur des victimes de la délation" , Et Gilbert Lély ajoute que cette attitude a conduit à l'arrestation
de Sade, le 8 décembre 1 793.
Sade va être transféré de la prison des Madelonnettes ( quartier Art et Métiers actuelle) à celle des Carmes (70 rue de Vaugirard), ,à celle de Saint Lazare ( 107, Faubourg Saint Denis) ,avant d'être finalement expédié à Picpus, qui était un lieu plus avenant, plus aéré, avec un beau jardin de 400 m de long.

Sade arrive là le 24 mars 1794 et il respire un  peu. Mais, le 10 juin ce sera le rapport de Couthon à la Convention :

"Toute formalité indulgente est un danger public.."

Le 14 juin, la guillotine est dressée place du Trône Renversé, à deux pas du "domicile" de Picpus, et des terrassiers envahissent, sous la fenêtre de Sade, le jardin, creusent deux énormes tombes communes de 6,50 m de profondeur : des centaines de corps vont être tassés là-dedans, on brûlera du thym et du genièvre qui n'emporteront pas sur la puanteur.

Le 26 juillet, Sade est condamné à mort et l'huissier du tribunal est chargé de l' «amener» , mais le désordre est tel dans les paperasses des tribunaux que Sade échappe aux recherches, on le croit encore aux Carmes, à Saint Lazare, on ne va pas le chercher à Picpus. Deux jours plus tard, le 28, c'est Robespierre qui passe sur l'échafaud. Sade sera libéré le 19 octobre.

 

Sade a-t-il été à même d'écrire dans le climat insupportable de Picpus, l'un de ses oeuvres les plus animées les plus déchaînées, Juliette ? Ce livre est paru trois ans après Picpus en 1797,  en même qu'une nouvelle version, très violente, de Justine, la soeur de Juliette, soit dix volumes accompagnés de cent une gravures d'une totale obscénité. Gilbert Lély admet " sans que le fait  enlève rien à leur caractère de chefs-d'oeuvre , la nouvelle Justine et Juliette constituent à n'en point douter une spéculation de librairie basée  sur la :licence générale qui régnait à l'époque du directoire" 

 

Quoiqu'il en soit, l'auteur de De Sade, Juliette imagine que Sade dans sa chambre de Picpus invente sa Juliette, la rêve, et la rêve au point qu'elle est là, belle comme le jour, assise sur le bord de la fenêtre ou de la chaise. C'est une femme de tête ; aux idées d'avenir comme aux insanités du Marquis, elle sait quoi répondre, et ce dialogue, en soi, est déjà saisissant. mais l'auteur, et aussi son metteur en scène, Michèle Venard, nous apportent un second relief : c'est que le spectacle, décalé, se passe comme si l'image de Sade était "vraie" et celle de Juliette, "imaginée", puisqu'elle n'est que la figure d'un livre.

Christian Fischer-Naudin, qui joue Sade, irradie de vitalité, de brutalité. Il se déploie, il crie, c'est une bête. Nadine Spinoza, Juliette, ne mise pas  pour indiquer son irréalité sur la transparence, l'atténuation. Non, c'est bien plus rusé que cela : ce sont entre els deux fauves, des nuances de réflexe. Un exploit.

 

Michel Cournot

 

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 17:13

link 

Les Frères Karamazov

      Dostoevskij 1863

 

• Témoignage de Christian Fischer :


 

Dans l’adaptation pour la scène du roman de Dostoïevski par Jean Gillibert, Christian Fischer a joué le rôle de Dmitri Fiodorovitch Karamazov.

La pièce mise en scène par  Jean Gillibert a été créee au théâtre du Lavoir Moderne Parisien en 1998

 

Ce témoignage a été publié  dans  Présence de Jean Gillibert, de  Michèle Venard, section Témoignages d’Artistes (Abellio, Audureau, Barthes, Bonnefoy, Camus, Deguy, Derrida, Dupré, Gracq, Lacarrière, Gaspar, Novarina, Schéhadé, Barrault, Audrain, Aufaure, Bollery, Boulva, Casares, Fau, Guizerix, Patte, Penchenat, Sermonne, Lacombe, Bresson) sur cet important homme de théâtre qu'est Jean Gillibert (né en 1925)

 

«  J’ ai rencontré Jean Gillibert   en 1982. Il m’ avait  répondu, alors que, acteur formé à la Cartoucherie, je cherchais de nouvelles rencontres artistiques. Il préparait  “  Mère Courage et ses enfants  “ .
J’ ai eu la chance de participer intensément à cette épopée, [ le monde tel qu’ il va ] , fable tragique et dérisoire dont il soulignait  l’ acuité poétique du langage
 
Son équipe était constituée de personnalités fortes, investies, attachantes: Josette Boulva, Sylvie Herbert, Suzel Goffre, Frédérique Ruchaud, François Kuki..
Les  indications  très  personnelles  de Jean Gillibert - l’ ouverture du sens , jouer la poésie de l’ oeuvre et non le texte - servaient aussi le travail profond de l’ acteur sur les personnifications, la vision de soi quand on joue, le déploiement de l’ organicité...
 
Je me souviens de la façon dont , telle une fileuse, Josette B. a construit  cette  Mutter Courage, par touches successives, gardant son texte jusqu’ aux dernières “ répétitions“, de son interprétation d’ Anna Fierling,  figure humaine, aiguë, implacable  qu’ elle  développait aussi face à l’ ironie féroce du cuisinier interprété par Jean Gillibert  [ “ le monde agonise “ ] 
 
Je me suis engagé dans l’ aventure d’ En Perce et investi dans les rôles de Kafka, Sade, Tounens, Ubu...Cependant, Intuitivement d’ abord, d’ une façon plus mûre et construite ensuite, de Phèdre  aux Vagants ,  j’ ai suivi en spectateur alerté, les créations de Jean Gillibert.
 
J’ ai  suivi cette vie de théâtre poétique et lyrique, l’ aventure de l’ Autre Théâtre, construire l’ imaginaire du spectateur avec et par l’ acteur passeur de temps.
 
Lorsque jean Gillibert m’ a proposé un challenge fort à relever, jouer dans son adaptation des Frères Karamazov  le personnage de Dmitri Fiodorovitch, j’ ai sauté dans l’ aventure
 
Comment retracer huit mois de travail intense et suivi avec Jean et seize acteurs investis dans sa vision de la pièce indiquée comme un choeur organique et utopiste, de l’ ordre du tragique religieux ?
 
Gillibert, regard lucide et profond, m’ a ouvert des portes de sens sur Dmitri, homme de la force de la terre, ramassé, farouche, instinctif, au bord de l’ abîme.
 
J’ ai pu alors, avant même de commencer à interpréter Dmitri, creuser la fatalité de sa faille, la décision secrète qui hante et contamine tout son parcours jusqu’ à la plongée dans le gouffre.
 
Secret d’ apparition, mise à nue, faille, aspérité, achoppements, médiations intimes, éclats de personnification incarnée, rêve - texte  dont  il  faut  rendre  le  désir  patent,  tout  ce  travail d’ accompagnement du passeur Jean Gillibert, sert l’ acteur - incarnateur
 
Passeur il est pour l’ acteur qui participe au rêve du texte, s’ y associe. Gillibert pour qui sait entendre  et  qui  sait  se  mettre  à  nu  jusqu’ à  l’os,  est un intercesseur vigilant et actif entre l’ oeuvre et l’ incarnation personnifiée par l’ acteur
 
Cher Jean, merci de demeurer, résistant du dedans, poète et homme de théâtre altier, présence en urgence, sentinelle de mémoire, clairvoyante et lucide. »
 
Christian Fischer

 

 

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 22:27

  Studio de Lectures et d'écoute

"à voix haute et nue"©



o    Florilèges des auteurs                   Atelier public permanent


Théâtre En Perce / Théâtre Pandora 

 

Ω Saison 2007 – 2008
 

Guy de Maupassant
 

Joseph Conrad

 

 

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David-Herbert Lawrence

 

Herman Melville

                                            

William Faulkner

 

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Knut Hamsun 
                                              

Pär Lagerkvist
 
Alberto Moravia

 

Florilège des auteurs lus pendant la saison

 



Ω
Saison 2008 – 2009

 

Witold Gombrowicz



  Elsa Morante

 

Knut Hamsun  

 

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     Julien Green

 
Jorge Luis Borges

 
Junichiro Tanizaki

 

Florilège des auteurs lus pendant la saison

 

 

Ω Saison 2009 – 2010

 

Alberto Moravia



James Joyce


Ivo Andric

 
                                               Joseph Kessel         
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            Paul Morand



 

 

Yasunari Kawabata

 

Vassili Grosman

 

 

          Yasunari Kawabata

 

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Florilège des auteurs lus pendant la saison

 

 

 

Conception, choix des auteurs et interprétation Michèle Venard
 

Production Théâtre En Perce, coréalisation théâtre Pandora

 

 

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 21:50

  Théâtre En Perce

 

ATELIER PERMANENT DE LECTURES ET D'ECOUTE ©

Huitième saison

Un auteur par séance.

Une séance par mois

Chaque séance de 55' est unique dans sa composition

 

"Il s'agit d'une aventure de révélation rythmique.

C'est un voyage extraordinaire d'explorateur. œuvre entraîne lecteur et spectateur dans le 
bouleversement de ses déplacements, de ses séismes, et de ses tremblements."

 

prochaine séance publique  jeudi  1er avril à 19 heures précises

théâtre Pandora, 30 rue Keller 75011 Paris code rue 1789

( réservations indispensables 01 42 39 21 61) attention jauge réduite.

 

Lecture "à voix haute et nue"© par Michèle Venard 

 deux Nouvelles de Vassili Grossman

La Madone Sixtine, et à Kislovodsk 

 et sa Lettre à Staline

où Vassili Grossman  réclame la liberté pour son livre Vie et Destin.. 

 

Né le 12 décembre 1905 à Berditchev en Ukraine et mort le 14 septembre 1964 à Moscou, Vassili Grossman était membre en 1937 de l'Union des écrivains soviétiques.

Ses chroniques, récits et réflexions paraissaient dans le journal de l'Armée Rouge et étaient diffusés à l'Ouest. Le Parti Communiste Français en publiera une sélection consacrée à la bataille de Stalingrad à laquelle Grossman avait assisté et qui sera le pivot de Vie et destin. Publié par l'Âge d'Homme en 1980, ce livre, fondé sur les expériences de Vassili Grossman dans l'état totalitaire qui soumet l'individu, et peuplé de personnages observés sur le vif, embrasse le second conflit mondial, décrit l'univers concentrationnaire et perçoit, en pionnier, les proximités du nazisme et du stalinisme.

 

En février 1961 les officiers de la police politique débarquent chez Grossman, et, s'ils ne massacrent plus les corps, arrêtent le manuscrit, saisissent les brouillons, et cadenassent la pensée. Interdit de publication, Grossman continuera d'écrire dans le silence.

Il meurt d'un cancer de l’estomac sans avoir su si ces textes seraient un jour publiés. C'est bien après sa mort que son ami Lipkine en fera parvenir les manuscrits en Occident.

 

La publication en 1988 de Vie et Destin en Russie coïncidera avec la fin du régime soviétique.

 

Michèle Venard

(Extrait de la notice remise aux spectateurs)

 

 

Comme la nouvelle est un genre que je chéris tout particulièrement et pour lequel je me bats depuis des décennies, vous pouvez bien croire que j'apprécie. Et encore plus de voir que des auteurs de tout premier ordre comme Hamsun ou Lagerkvist ont su vous séduire " Régis Boyer

 

"N'importe qui peut lire, plus ou moins bien,  un  texte bref.

Tenir la durée avec l'intensité, faire entendre le rythme intérieur de l'œuvre, c'est une autre affaire et un tout autre enjeu artistique".

 

" La voix n'est pas que l'émission sonore, la présence à soi, la conscience… par la voix, on ouvre l'autre à tout ce qui n'est pas lui… dans la voix, il y a l'espace, la durée, la vérité d'incarnation.. la voix est geste, tension, elle est entièrement ouverte à l'altérité, quelque chose d'autre parle, par ma voix" JG

 

 

amateurs de qualité et intéressés par les œuvres de l'esprit, venez  au  Théâtre Pandora

à 19h

 le premier jeudi de chaque mois  

participer aux  séances publiques

de l'Atelier Permanent de Lectures et d'Écoute de Michèle Venard

organisé par EN PERCE

Fédération de lecteurs

 

Cette activité artistique de En Perce recueille  une écoute de personnes, amateurs de qualité, et intéressées par les œuvres de l'esprit.

 

Chaque séance est unique dans sa composition.

 

Studio de Lectures et d'écoute

"à voix haute et nue"  ©   

organisé par En Perce 

 

Après

 

Patricia Highsmith; Guy de Maupassant; Marguerite Yourcenar; Franz Kafka; André Hardellet;

Gaston Bachelard; Paul Claudel; Léon Bloy; Rainer-Maria Rilke; Bruno Schultz;

Georges Bernanos; Henry de Montherlant; Jean-Marie Turpin; Yukio Mishima; Edgar Poe;

Auguste Villiers de l’Isle Adam; Anton Tchekhov; James Joyce;

Witold Gombrowicz; Stendhal; Henry James; Paul Verlaine;

Jean Gillibert; Virginia Woolf; Stefan Zweig; Hans Christian Andersen;

Luigi  Pirandello; Alberto Moravia; Ernest Hemingway;

Joseph Conrad; David-Herbert Lawrence; Herman Melville; Pierre Boudot; William Faulkner; 

Knut Hamsun; Pär Lagerkvist; Elsa Morante; Julien Green, Jorge -Luis Borges, Tanizaki Junichiro...

Alberto Moravia, James Joyce, Ivo Andric, Joseph Kessel, Paul Morand, Kawabata Yasunari ...

 

notice biographique sur  l'auteur lu remise aux spectateurs (envoyée aux adhérents de province) 

à chaque séance de nouvelles en florilèges. 

Rencontre avec Michèle Venard après la séance lors du pot-rencontre à l'Entrecôte, rue de la Roquette, à l'issue de la représentation.

 

durée de la séance  55' environ.

 

réservations  conseillées au 01 42 39 21 61 ( jauge réduite)

                                 

Tarif préférentiel pour les adhérents à l'Association. ( renseignements 01 48 06 27 96 )

INVITATION SUR DEMANDE pour les professionnels

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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 22:22

 Créations théâtrales Théâtre En Perce

Ubu Enchaîné , d’après A.Jarry
 

Lettre de Jean Gillibert à un acteur
 

Cher Christian,

J'ai préféré ce petit mot à te téléphoner. Ce que j'ai vu d' "Ubu Enchaîné" est étonnant, comme pensée, comme art et comme travail !

 

Ce spectacle devrait être promu au premier rang même si  dans la pièce, un côté potache et laborieux persiste toujours dans l'écriture.

 

C'est cependant la première fois que je vois un couple "Ubuesque" joué de cette façon où le charnel et la férocité se disputent leur part. Ce que tu fais dans " Ubu" est énorme et sans concession. Tu es devenu un très grand acteur, c'est à dire, un artiste. Et Bourduge aussi est étonnant !

 

Tout est "fort", la musique, le décor, les costumes. On ne peut faire de séparation entre ces éléments.

 

Tout "joue" la même chose.

 

Bravo pour Michèle !

 

Crois en ma fidèle amitié.  Jean

 

PS Je n'oublie pas le courage que vous avez eu !

 

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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 22:15

  Créations théâtrales Théâtre En Perce

Ubu Enchaîné, d’après A.Jarry

L'Autre Théâtre

J'ai assisté à une représentation d' "Ubu Enchaîné" d'A Jarry, mise en scène par Michèle Venard à St Cyr l'école. C'est la première fois que je vois Jarry compris et interprété comme cela se doit. Le spectacle – qui est plus qu'un spectacle- est d'une force et d'une violence étonnantes, adéquates à l'écriture et à la pensée de Jarry et qui laisse définitivement de côté le côté potache, fête de fin d'année auxquels on nous avait habitués. Ubu – sa légende pataphysique – prend alors la dimension qu'il doit avoir, non seulement blesser le "bourgeois" et le "franchouillard" mais les élever au - dessus de leur lâcheté et leur turpitude.

 

J'ai vu plusieurs mises en scène de Michèle Venard. J'ai toujours été frappé par une exemplaire solidarité entre son travail d'animation et d'expression et le travail de l'œuvre. Pas de fioritures, d'imageries complaisantes, de gratuité et de bizarreries anecdotiques. Pas d'illustrations qu'on appelle en général "communications".

 

Michèle Venard, ses collaborateurs, ses comédiens, assènent avec générosité -c'est à dire amour- les vérités terrifiantes du poète "Jarry". Car Jarry est un poète. Ubu est une création poétique qui fonde son théâtre. Et c'est là l'essentiel. Si bien que nous quittons l'esprit totalitaire du spectacle pour être violenté et transporté dans les zones de passage où la pensée se quitte dans le corps, l'espace, le temps – zones de médiation, plus d'initiation que d'apprentissage (de formation) C'est corrosif, toujours juste, et encore une fois, toujours généreux.

 

Les costumes sont de vrais costumes pour des corps humains et non des "extériorités" savantes. Idem pour le décor. Idem pour la musique et l'éclairage.

 

Les acteurs sont "forts" : le couple Ubu, mère Ubu en particulier, absolument étonnant par la vérité et l'imagination du jeu.

 

C'est une véritable et grande aventure théâtrale comme on en rencontre peu de nos jours

Ce spectacle ne doit pas être tenu à l'écart mais privilégié.

Michèle Venard est plus qu'un metteur en scène, elle est de la "race" des véritables médiateurs de l'art.

Aussi créatrice.

 J G

 

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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 22:06

 Créations théâtrales Théâtre En Perce
 

UN HOMME VERITABLEMENT SANS QUALITE / KAFKA
 

LE ROI DE PATAGONIE

 

Lettre de Jean Gillibert à Michèle Venard
 

21 décembre 1985
 

Chère amie,

Je voulais vous dire combien j'ai apprécié votre travail à tous. Il a confirmé ce que je pensais quand j'ai vu le Kafka. J'aime beaucoup la façon dont vous mettez les acteurs en "responsabilité" de jeu. C'est souvent très fort et peu usité dans le monde actuel formaliste et esthétisant du théâtre.

 

Peut-être il y a –t-il dans le texte sur cette étonnante aventure, par moments seulement, une volonté de prouver qui scande justement, mais ralentit la pensée au niveau de l'oratoire.

 

Bravo pour Christian qui a pris de l'ampleur et bravo aussi pour le jeune Lebovici, tendre et aigu, présence rare. Comme dirait Vautrin " à suivre."

 

Je vous embrasse.

 

 Jean Gillibert

 

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  • : Acteur formé lors des rencontres du Festival Mondial du Théâtre de Nancy, à l’école de Grotowski et à celle de la Cartoucherie de Vincennes, Christian Fischer-Naudin a jusqu'à présent consacré l'essentiel de sa carrière au théâtre.
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